Du 5 juin au 8 septembre 2024, Quai de la Photo met la Seine à l’honneur en racontant son histoire, celle d’un fleuve si profondément lié à l’identité de Paris.
Publié le 06 juin 2024 à 1:08 | Modifié le 09 avril 2026 à 9:36

La Seine, la Seine au Quai de la Photo 

Au Quai de la Photo, dans ce lieu si convivial et si proche du fleuve, deux expositions qui ont pour thème La Seine, l’une historique, l’autre plus contemporaine. De fabuleuses archives de l’agence parisienne Roger-Viollet nous projettent dans une période où l’accès au fleuve était plus facile et où l’activité commerciale et artisanale foisonnait.  On pouvait même s’y baigner. En parallèle, Frédéric Stucin remontant jusqu’à la source de la Seine, nous donne à voir à travers ses habitants la quête d’une nature et d’une vie « plus douce » loin de la capitale.

L'"amphibocycle", bicyclette amphibie, sur la Seine. Asnières (Hauts-de-Seine), 1909.L'"amphibocycle", bicyclette amphibie, sur la Seine. Asnières (Hauts-de-Seine), 1909. © Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet

Du 5 juin au 8 septembre 2024, Quai de la Photo met la Seine à l’honneur en racontant son histoire, celle d’un fleuve si profondément lié à l’identité de Paris.

À l’heure où la capitale s’apprête à accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024, Quai de la Photo a souhaité revenir sur les évolutions des berges au fil des siècles à travers son exposition La Seine, La Seine. En immersion au cœur du centre d’art flottant amarré dans le XIIIe arrondissement, cette exposition en deux parties propose une traversée sociale et historique des quais.

Rive droite, Rive gauche vous convie à un voyage dans le temps. L’exposition présente plus de 80 photographies allant de la deuxième moitié du XIXe siècle aux années 1960 et permet de redécouvrir les vastes évolutions des bords de Seine. Ces archives sont présentées en partenariat avec la galerie et l’agence historique Roger-Viollet.

La Seine et ses berges sont à découvrir à travers le regard d’une grande diversité de photographes dont Janine Niépce, Eugène Atget, Jacques Boyer, René-Jacques, mais aussi le célèbre studio Léon & Lévy, connu pour leur production de cartes postales. 

Paris, quais de la Seine. Charbonniers. 1908.Paris, quais de la Seine. Charbonniers. 1908. © Jacques Boyer / Roger-Viollet

De 1860 à 1960, la physionomie des deux rives de la Seine est en constante évolution au gré des activités artisanales et commerciales.

Guerre 1914-1918. Paris. La Seine et ses berges. "Berge de la Seine. Chez le perruquier".Guerre 1914-1918. Paris. La Seine et ses berges. "Berge de la Seine. Chez le perruquier". © Charles Lansiaux / BHVP / Roger-Viollet

Aujourd’hui, les vélos et les piétons ont remplacé les voitures sur les berges du fleuve, mais au tournant du XXe siècle, on y croisait plus volontiers des perruquiers ambulants, des tondeurs de chiens, des vachers qui vendaient du lait fraîchement trait et des matelassières qui rebattaient la laine des matelas, pendant que les cochers venaient laver et abreuver leurs chevaux. 

Exposition universelle de 1900, Paris. Panorama vu du pont Alexandre-III.Exposition universelle de 1900, Paris. Panorama du Pont Alexandre III. © Roger-Viollet 

En 1900, 51 millions de visiteurs se sont pressés à l’Exposition Universelle : sept mois durant lesquels chaque rive de la Seine s’est transformée en une réplique d’un monde fantasmé, d’une architecture éphémère dont il ne reste aujourd’hui presque plus rien dans le paysage parisien. 

Exposition universelle de 1900. La Tour Eiffel, le pavillon Service des Eaux - Worthington et le Globe Céleste. Paris (VIIème arr), 1900.Exposition universelle de 1900. La Tour Eiffel, le pavillon Service des Eaux - Worthington et le Globe Céleste. Paris (VIIème arr), 1900. © Hasselblad H4D

Les 13 kilomètres de la Seine qui traversent la capitale sont autant de réponses à des défis industriels : la liaison des deux rives pour permettre la circulation du métro, l’immersion de caissons en dessous du fleuve ou encore son enjambement par la construction d’ouvrages métalliques comme le viaduc d’Austerlitz inauguré en 1904.

Les berges et les îles de la Seine participent à elles seules à l’image romantique que se font depuis toujours les visiteurs du monde entier de la Ville Lumière.

Guerre 1939-1945. Enfants se baignant dans la Seine. Paris, 11 juillet 1941.Guerre 1939-1945. Enfants se baignant dans la Seine. Paris, 11 juillet 1941. © LAPI / Roger-Viollet

Roger-Viollet est une agence de photographie fondée en 1938 par Hélène Roger-Viollet, située 6, rue de Seine à Paris. Ses collections ont été léguées à la Ville de Paris en 1985 et intégrées à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris en janvier 2018. Elle rassemble aujourd’hui près de 8 millions de clichés.

Commissariat de l’exposition :
Dominique Lecourt, responsable éditorial de l’agence Roger-Viollet.


La Source, proposée par Frédéric Stucin, est un voyage entre réel et imaginaire qui remonte jusqu’à la source de la Seine. Ce voyage séquanien a pour fil conducteur les habitants des berges.
À travers leur rencontre, le photographe cherche à faire résonner l’adage « ceux qui vivent proche du fleuve en sont apaisés par sa présence ». Cette deuxième exposition est une balade à retrouver sur la terrasse extérieure.

Frederic Stucin© Frédéric Stucin

« J’ai suivi ce trajet, de Paris jusqu’à la source. Photographié cette nature mêlée d’urbain qui nous fait rêver soudain. Faire l’un de ces voyages à proximité auquel le ‘’plan de soutien au secteur touristique’’ nous incite. Avec le fleuve comme fil conducteur, chercher à sentir si en ‘’grande couronne’’ ou ‘’proche province’’, la vie est vraiment plus douce. Rencontrer les habitants des berges. Il paraît que ceux qui vivent au bord de l’eau sont apaisés par cette proximité. Des théoriciens l’ont théorisé, ils appellent ça le ‘’blue mind’’.

Voilà comment ce travail a démarré. J’ai rencontré des baigneurs, des promeneurs, beaucoup de groupes en pique-nique. Une nature qui mange les murs, cohabite avec le béton, les camionnettes et les voitures. J’ai rencontré des contemplateurs du fleuve. Michel, 72 ans, retraité, vient tous les jours regarder le chargement des péniches sur la zone industrielle de La Grande Paroisse, où il fait sa carrière comme transporteur. Abigail, ‘’artiste nomade’’ britannique, longe la Seine en mini-van, s’y baigne chaque matin. »

Frederic Stucin© Frédéric Stucin

« J’ai rencontré des habitants, venus ou restés pour le fleuve. Denise et François, derniers tonneliers des entrepôts de Bercy, ont vécu toute leur vie de travailleurs au bord de la Seine. Puis ils y ont construit, pour leur retraite, leur maison en tonneaux, à Saint-Mammès. Marylou, 22 ans, leur voisine, a grandi avec sa mère dans un pavillon régulièrement inondé, elles n’imaginent pas déménager. Delphine et Yohann, Mammesiens également, retapent un vieux bus londonien, au moteur noyé par les crues. »

Commissariat de l’exposition : Frédéric Stucin, Marion Briffod

Frederic Stucin© Frédéric Stucin

La Seine, La Seine

  • Exposition du 5 juin au 8 septembre 2024
  • QUAI DE LA PHOTO, 9 Port de la Gare, 75013 Paris
  • Métro : Quai de la Gare, Bercy, gare d'Austerlitz
  • Tél. : 07 66 43 01 18
  • Ouvert 7 jours sur 7 de mai à octobre et du mercredi au dimanche de novembre à avril
  • 12h00 - 2h00