C’est dans un espace bondé, où faute de places suffisantes certains spectateurs s’étaient installés dans les couloirs ou assis par terre au pied de la scène, qu’a débuté la conférence animée par Agnès Colombo et Sandra Da Silva, membres de la FFPMI Île-de-France, lors du Salon de la Photo.
Publié le 17 avril 2024 à 7:35 | Modifié le 05 décembre 2025 à 9:14
Dès l’accueil, le ton était donné : sur chaque siège, un bonbon, un stylo quatre couleurs licorne et un petit papier attendaient les participants, tandis que les deux photographes, habillées d’un jean et d’une veste à strass, prenaient place. « On avait envie de mettre des paillettes dans vos vies ! » s’exclame Agnès Colombo.
Conférence en salon avec une intervenante parlant devant un public assis.

Montrer ce que l'on vend et qui on est

Dès les premières minutes, la photographe débordante d’énergie plante le décor : « La communication, c’est 60 % de mon travail. » Impossible, selon elle, de vivre de la photo sans se montrer ni raconter qui l’on est. Sa communication, c’est du « moi », de la couleur, du tutoiement, de la proximité. « Les gens viennent pour moi, pour ma manière de parler, pour mon univers », détaille-t-elle. Sandra Da Silva, Portraitiste de France 2025, enchaîne. Sa communication est plus épurée, intemporelle, mais elle repose sur la même idée : attirer des clients qui lui ressemblent. Être visible, oui, mais surtout alignée avec son image et ses valeurs. Leur message commun repose sur l’idée qu’une bonne communication n’est pas un vernis marketing, mais une extension de sa personnalité.

Trouver sa stratégie

Agnès détaille sa propre organisation : Instagram pour les photographes, LinkedIn pour les entrepreneurs, TikTok pour les coulisses, et un site web qui sert de tronc solide à toutes ces « branches ». Sur scène, elle mime un arbre – geste théâtral qui amuse beaucoup le public : « Les réseaux, ce sont les branches qui attirent les oiseaux. Mais si le tronc n’est pas stable – votre site internet –, ils ne restent pas ». La métaphore fait mouche. Les deux photographes insistent ensuite sur la nécessité d’une stratégie claire et organisée. Choisir où l’on parle, à qui, et comment. « Ne vous inventez pas une autre personne », répète Sandra. Ce qui marche pour Agnès, ultra-présente et volubile, ne conviendra pas forcément à tous. L’important est d’être sincère et cohérent.

Outils pour tenir le rythme

Vient ensuite la partie très pratique : comment publier régulièrement sans s’épuiser ? Les intervenantes évoquent les outils de planification – Metricool, pour programmer et analyser les publications, ou encore Google My Business, indispensable pour le référencement local. Elles insistent sur la régularité, mais aussi sur la souplesse : « Si cette semaine tu n’as rien posté, c’est pas grave. On ne va pas mourir ! » lance Agnès. Elle invite les photographes à ne pas culpabiliser, mais à trouver un rythme réaliste, quitte à recycler d’anciens contenus. Démonstration à l’appui, Sandra présente plusieurs publications issues d’une même image. Les deux femmes engagent ensuite un échange avec le public, invitant chacun à rechercher ses publications les plus populaires, à comprendre ce qui a provoqué leur succès, et comment reproduire cette dynamique. La conférence prend alors des airs d’atelier collectif qui séduit.
Mains féminines utilisant un smartphone devant un clavier d’ordinateur sur un bureau lumineux.

Créer du lien humain

Le cœur de la conférence repose sur un constat simple : la photo est un métier d’humains. Montrer uniquement de belles images ne suffit pas. Il faut parler de soi, de ses émotions, de ses clients. « On ne vend pas juste des photos, on vend une expérience, une relation », rappelle Sandra. Agnès renchérit : « Quand un client nous confie son bébé ou sa grossesse, il nous offre un bout de son intimité. » En retour, il faut savoir donner un peu de soi – sans tout dévoiler, mais assez pour créer la confiance. Elles évoquent la valeur du storytelling : raconter une séance photo, un imprévu, une anecdote. Sandra projette une vidéo d’un shooting sur les toits de Paris, raconté avec humour et sincérité.

L’exercice du petit papier

Les fameux papiers distribués en début de séance trouvent enfin leur utilité : chacun doit y écrire sa plus grande peur ou difficulté en communication. Agnès les collecte en riant : « Merci, vous venez de me donner un an de contenu ! » Elle explique ensuite comment elle s’en inspire pour créer ses publications en répondant aux peurs, en rassurant, en informant. « Si je parle des problèmes de mes clients, ils se sentent compris. Et ils écoutent. » En guise de conclusion, les deux photographes livrent un message de tolérance et de bienveillance envers soi-même. « Communiquer, c’est relou parfois, c’est humain ! » sourit Agnès. L’important, c’est de rester vrai, d’accepter qu’on ne peut pas tout faire, et de garder le plaisir de partager. La salle applaudit longuement, tandis que, fidèle à leur discours, les deux photographes bouclent la boucle : Sandra sort son téléphone pour filmer le public et publier la vidéo sur ses réseaux.