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Zooms 2017

Découvrez la 8e édition des Zooms du Salon de la Photo !

Afin d’encourager et de mettre en valeur la profession de photographe, le Salon de la Photo a initié en 2010 « LES ZOOMS », deux prix qui sont décernés, l’un par le public, l’autre par la presse spécialisée photo. Les résultats seront proclamés le 26 septembre 2017.

Neuf rédacteurs en chef ou directeurs de rédaction de la presse photo ont désigné chacun un photographe professionnel « émergent » (français ou installé en France), un vrai coup de coeur pour un talent encore peu connu ou pas assez reconnu. Une exposition de 10 photos des 2 lauréats sera organisée au Salon de la Photo 2017. Ils auront, par ailleurs, l’opportunité de montrer leurs travaux en février 2018 au salon CP+ de Yokohama, partenaire du Salon de la Photo depuis plusieurs années. De même, les 2 gagnants japonais des « Zooms CP+ Editors’ Award et Public Award » de 2017 seront eux aussi exposés au Salon de la Photo à Paris. Et, nouveauté cette année, les amoureux français et japonais de la photographie pourront désormais voter pour désigner les vainqueurs des concours de chacun des deux pays. Ainsi, la plateforme de vote pour les candidats japonais ouvrira du 1er septembre 2017 jusqu'à mi-octobre.

Présidé par le photographe Vincent PEREZ, le jury a choisi ses talents :
Charlotte ABRAMOW, présentée par Eric Karsenty, rédacteur en chef du magazine Fisheye
Amandine BESACIER, présentée par Gérald Vidamment, rédacteur en chef du magazine Compétence Photo
Ivana BORIS, présentée par Stéphane Brasca, directeur de la rédaction du magazine de l’air
Rudy BOYER, présenté par Yann Garret, rédacteur en chef du magazine Réponses Photo
Céline JENTZSCH, présentée par Vincent Trujillo, directeur de la rédaction du magazine Le Monde de la Photo
Guillaume LASSUS-DESSUS, présenté par Agnès Grégoire, rédactrice en chef du magazine Photo
Reiko NONAKA, présentée par Didier de Faÿs, rédacteur en chef de Photographie.com
Cyrille ROBIN, présenté par Renaud Labracherie, rédacteur en chef de Focus Numérique
Jeanne TARIS, présentée par Dimitri Beck, directeur de la photo du magazine Polka

Prenez un peu de temps, et beaucoup de plaisir, découvrez, regardez, appréciez le travail de chacun(e) des 9 photographes, puis, pour donner une chance à votre photographe préféré(e) d’avoir son exposition au Salon de la Photo aux côtés des deux lauréats des Zooms Japon CP+/Editors’ Award 2017.

Fisheye : Charlotte ABRAMOW

ABRAMOW Charlotte Zooms 2017
ABRAMOW Charlotte Zooms 2017

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Présentée par Eric Karsenty - Fisheye

Biographie
« Elle fait preuve de beaucoup de volonté, d’énergie, et a l’âme d’une guerrière », dit d’elle Paolo Roversi quand elle suit son premier stage aux Rencontres d’Arles, en 2010, alors qu’elle a tout juste 16 ans. L’année suivante elle signe sa première une pour Elle Belgique. En 2013 elle intègre l’école des Gobelins, décroche le prix Picto de la photo de mode l’année suivante, et sort diplômée en 2015 en participant à l’expo collective Byopaper dans le cadre de la Nuit de l’année aux Rencontres d’Arles. Âgée aujourd’hui de 24 ans, cette native de Bruxelles prépare actuellement son premier livre et sa première exposition personnelle sur un projet intitulé Maurice, une série pleine d’humour, de tendresse et de malice dédiée à son père âgé de 84 ans.

Eloge
« Plutôt qu'une jeune photographe, j'aimerais que les gens retiennent le fait que je sois une femme qui porte son regard sur la génération féminine », déclare Charlotte Abramow. C’est tout le sens de la série Métamorphosis* présentée ici, qui évoque l’apparition de la puberté chez une jeune fille au début de son adolescence. « Synonyme de vie et d’éclosion, les plantes sont ici les actrices métaphoriques de certaines étapes de cette transformation humaine, tant physique que mentale. » Son travail se déploie avec originalité et délicatesse, avec un sens de l’image qui bouscule les clichés.
* réalisée avec l’artiste végétal Duy Anh Nhan Duc

Votez pour Charlotte ABRAMOW

Compétence Photo : Amandine BESACIER

BESACIER Amandine Zooms 2017
BESACIER Amandine Zooms 2017

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Présentée par Gérald Vidamment - Compétence Photo

Biographie
Amandine Besacier est née en 1988 à Annecy. Diplômée de la promotion 2011 de l’école de photographie Icart Photo, elle exerce aujourd’hui son métier de photographe entre Paris et Los Angeles. Adepte du travail à la chambre, elle maîtrise aussi bien le film argentique négatif, positif et l’instantané Polaroid. Elle choisit de collaborer avec de jeunes adultes et oriente sa réflexion sur le passage transitoire entre l’adolescence et l’âge adulte. Enfin, elle est membre du studio Hans Lucas depuis juin 2016.

Eloge
Permettez à Amandine, je vous prie, de vous conter quelques brèves histoires d’un passé recomposé. Celles-ci n’ont ni début, ni fin. Elles ne se déroulent pas ; elles suspendent le temps. Elles ne s’inscrivent pas dans un décor faussement hollywoodien ; elles ont le goût unique et authentique de la Californie. Elles ne mettent pas non plus en scène des acteurs oscarisés ; elles nous éclairent plus volontiers sur le quotidien de femmes qui, à ce moment précis de leur vie, ne se projettent pas.
Deux années auront été nécessaires à Amandine Besacier pour élaborer méticuleusement cette suite muette de scènes interrompues. Servis par une écriture emprunte de références cinématographiques et inspirée par la peinture figurative d’une époque révolue, ces instants fictifs font soudainement basculer nos héroïnes ordinaires de rêves édulcorés à un doute paralysant.
La photographe pousse le souci du détail au point de prolonger chaque histoire dans la suivante ; comme si une issue improbable se dessinait à mesure que ralentit le temps.

Votez pour Amandine BESACIER

De L'Air : Ivana BORIS

BORIS Ivana Zooms 2017
BORIS Ivana Zooms 2017

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Présentée par Stéphane Brasca - De l'Air

Biographie
Ivana Boris est né en mars 1969 en Italie. Après une première carrière dans l'évènementiel, elle décide de se consacrer pleinement à la photographie. Domiciliée à Monaco, elle suit alors des cours à la faculté de Nice, participe à différents ateliers et stages. Son travail est essentiellement réalisé en noir et blanc et en argentique et aborde uniquement le paysage, les grands espaces. Elle a participé à quelques expos collectives et a fait l'objet également d'expositions personnelles, notamment au Festival Photomed en 2016.

Eloge
J'ai rencontré Ivana Boris, à Nice, lors d'un petit festival photo (Septoff) où elle faisait l'objet d'une exposition. Elle présentait une série d'images en noir et blanc réalisées dans les montagnes de l'Himalaya et du Mercantour. Ses photographies dégageaient une atmosphère étrange, une sorte de velouté imprégnait ses paysages, qui bien que déserts, semblaient habités. En m'intéressant davantage à son travail, je me suis rendu compte que cette photographe, peu bavarde, tissait un lien particulier avec la nature. Elle communiait avec les arbres, la terre, la mer, les nuages. Les photographies qu'elle prenait étaient alors les "petits véhicules" pour communiquer avec l'extérieur. Née en 1969 du côté de Milan, cette Italienne, domiciliée à Monaco depuis 1989, a commencé la photo tard. Pendant des années, elle a exercé dans l'évenementiel. Jusqu'à ce qu'elle décide au début du troisième millénaire de changer de vie et de se consacrer pleinement à la photographie. Un saut dans le vide, avec pour parachutes, des cours à la faculté de Nice, des ateliers, des stages, de l'assistanat avec des auteurs rencontrés ici et là. Inspirée par les photographes "marcheurs", et les paysagistes, elle a très vite pris le large. Non pour fuir ou voir du pays, mais pour explorer la mémoire de l'humanité, sa face difficilement visible. Ses images, et notamment la série présentée aux Zooms, révélent un monde peuplé de fantômes, d’apparitions et d’illusions. Elle, les voit, les entend, les ressent. Depuis 2012, elle sillonne les mers du globe, à bord d'expéditions scientifiques, ou par ses propres moyens, pour sa série Thru Sandhya. Ces mots sanscrits expriment le moment de transition entre le jour et la nuit. Ce crépuscule est l’instant idéal selon Ivana Boris pour se retrouver, se poser, avant de passer à un autre rythme. Son travail, indissociable de sa personnalité, intrigue et invite le regardeur à un long et lent voyage sensitif.

Votez pour Ivana BORIS

Réponses Photo : Rudy BOYER

BOYER Rudy Zooms 2017
BOYER Rudy Zooms 2017

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Présenté par Yann Garret - Réponses Photo

Biographie
Rudy Boyer, 33 ans, jeune père de trois enfants vivant à Nice, est responsable de laboratoire d’analyse de béton dans le secteur du bâtiment. Mais depuis 2013, dès qu’il en trouve le temps (il est aussi musicien !), Rudy photographie les rues de sa ville et de sa région d’une façon remarquable, peaufinant son style au fil des mois. Il utilise la lumière et la géométrie urbaine pour composer des images complexes, pleines de surprises. Autodidacte, résolument non professionnel dans son approche de la photographie (« Pour moi, l’appareil photo, c’est comme un jouet de grand enfant, pas un outil de travail », dit-il), il fréquente davantage les groupes de « street photographers » sur Internet que les milieux artistiques et avance dans sa pratique sans plan de carrière, poussé seulement par le plaisir. Une exposition de son travail à la bibliothèque municipale de Menton en 2015 lui a toutefois donné goût à l’expérience et aux rencontres, qu’il aimerait prolonger par la création d’un collectif de photographes méditerranéen.

Eloge
Faire surgir l’insolite et la poésie du quotidien le plus trivial, c’est le pari du photographe de rue. Un pari difficile à réussir tant il recèle de nombreux écueils, aussi bien techniques qu’esthétiques. Les photographies de rue de Rudy Boyer sont remarquables par la maîtrise, la cohérence et l’audace dont elles témoignent. Avec Nice et sa région pour terrain de jeu, Rudy en exploite à merveille la lumière et les couleurs, sans jamais tomber dans le piège d’un formalisme gratuit. Par ses compositions puissantes, par la proximité permanente des corps, par la radicalité des clairs-obscurs, par le dynamisme des mouvements qu’il capte, il parvient à dessiner le portrait amoureux et multiple de sa ville et de ceux qui y vivent.

Votez pour Rudy BOYER

Le Monde de la Photo : Céline JENTZSCH 

JENTSCH Celine Zooms 2017
JENTSCH Celine Zooms 2017

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Présentée par Vincent Trujillo - Le Monde de la Photo

Biographie
« UNIR » l'art du voyage et le voyage dans l'art photographique, telle est la devise de Céline Jentzsch !
« Essayer en quelques lignes de me présenter est une « épreuve » non photographique ! Mais je vais tenter de relever le défi. En effet, à l'instar de mes collègues photographes, il est toujours difficile d’appréhender le parcours sinueux et néanmoins intelligible qui guide vers cette passion qui est mienne depuis déjà plusieurs années.
Je pourrais comparer ce cheminement à une sorte de puzzle où chaque pièce s'imbrique parfaitement, pour peu qu'on y prête attention et qu'on observe patiemment : la première pièce, puisqu'il en faut bien une, est la peinture que j'ai pratiquée à l'adolescence et m'a offert le goût de l'esthétique, la notion du cadrage et la sensibilité à tout ce qui est visuel ; puis plus tard mes études universitaires de langues étrangères qui m'ont ouvertes aux autres cultures et enfin, ma carrière professionnelle dans le secteur de l'aéronautique qui m'a donné l'inclination aux voyages.
Après avoir parcouru une vingtaine de pays, c'est la rencontre avec le Grand Nord. Un déclic se produit en dépassant le cercle polaire lors d'un voyage en Norvège pour admirer les aurores boréales, je fus fascinée par cette lumière si particulière et envoûtée par la pureté des grands espaces enneigés.
Parcourir le monde avec comme fidèle compagnon un appareil photo me permet d’ « Unir » les personnes que je rencontre avec celles qui regarderont mes photographies. »
Et le pari est réussi avec cette voyageuse-photographe ou photographe-voyageuse, tant ces deux concepts sont intimement liés pour Céline Jentzsch.
Son travail commence à être exposé régulièrement. La reconnaissance suit. En 2016, elle reçoit le premier prix au concours international Memorial Maria Luisa (Espagne, catégorie Homme dans la Nature) puis la médaille d’or au concours Trierenberg Super Circuit (Autriche, catégorie Photo de voyage) et la médaille d’argent au concours OASIS (Italie, catégorie Personnes et Populations).
Une pièce après l'autre, un voyage après l'autre, ainsi se construit le destin de cette photographe : une « passeuse », qui tente d’« Unir » également l'âme de la voyageuse et celle de l'artiste.

Eloge
Lorsque je rencontre Céline, il y a quelques années, sur le salon de la photo, je fais connaissance avec une grande voyageuse. Son regard s’illumine à l’évocation des destinations que nous connaissons tous les deux, et sur lesquelles nous partageons quelques anecdotes. Je suis tout de suite sensible à sa démarche qui s’inscrit viscéralement dans le désir d’aller à la rencontre de l’autre, de se nourrir de l’émotion de ces moments où deux cultures se rencontrent. Je suis loin d’imaginer quelques années plus tard que la photographie est en passe de devenir son métier. Et pourtant, avec le recul, comment ne pas imaginer la logique implacable de ce parcours. La photographie s’est imposée naturellement et lentement pour donner un sens et une trace à cette passeuse de frontières. Parmi les endroits du monde qu’elle affectionne, la Mongolie tient une place particulière. Elle y réalisera plusieurs voyages au long cours. Passé de l’autre côté du miroir, je suis encore sur mes gardes quand Céline me propose de voir un récent travail (2015) sur des éleveurs de rennes : les Tsaatans. J’ai peur que l’innocence de nos premiers échanges disparaisse à la vue d’un sujet éculé, déjà vu. Les Évènes, les Sami, les Nénètses ont déjà rempli les pages de papier glacé de nombreux magazines et l’imaginaire des mémoires collectives, et c’est désormais en tant que photographe et éditeur que nous nous revoyons. En découvrant ses images en noir et blanc sur cette communauté qui vit en Mongolie, Céline réussit immédiatement à me transporter avec elle dans ce camp et la rudesse d’un hiver à l’Est. Je me surprends à redécouvrir ce mode de vie. Cliché après cliché, je savoure la narration picturale, ce traitement noir et blanc singulier, cette sensibilité des regards, cette humanité des visages, la simplicité d’un quotidien et de gestes immuables, ces lumières crayeuses. Cette parole visuelle démontre une symbiose et une joie de vivre palpables. C’est tout simplement un travail de photo reportage magnifique, juste et puissant. Je n’ai jamais eu l’occasion de voyager en Mongolie, mais je ne serai jamais assez reconnaissant à Céline, de m’avoir permis, le temps de quelques instantanés, de faire ce voyage par procuration. Ainsi j’ai pu, moi aussi, marcher aux côtés de ces Tsaatans, embrasser la rudesse de l’hiver mongol, veiller sur des rennes sauvages ou éprouver la frugalité de moments simples au cœur de la nature. Ce fut un voyage imaginaire vibrant. La photographie a quelque pouvoir mystique et Céline, le temps d’un hiver, s’est muée en une de ses dignes prêtresses. Bravo !

Votez pour Céline JENTSCH

Photo Magazine : Guillaume LASSUS-DESSUS

LASSUS DESSUS Guillaume Zooms 2017
LASSUS DESSUS Guillaume Zooms 2017

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Présenté par Agnès Grégoire - Photo Magazine

Biographie
Né en 1991, Guillaume Lassus-Dessus a vécu son enfance à l'étranger, États-Unis, Gabon, Ecosse, Angola, Indonésie avant de revenir vivre en France pour le lycée et les études supérieures. IUT Hygiène Sécurité Environnement et MANAA à Bordeaux puis l'école de Photographie Icart à Paris où il finira troisième de sa promotion.
Lors de ces études il couvrira quelques événements d'actualités dont le festival de Cannes en 2014.
Depuis 2016 Guillaume couvre l’actualité à Paris et Europe et il réalise des documentaires en Afrique du Sud, Mozambique mais aussi en Europe, avec notamment un travail en Espagne sur les villes fantômes.

Eloge
Jeu de chaises
Parfois la photographie vous invite à observer un détail qui se fond dans le quotidien. C’est le cas ici, avec Guillaume Lassus-dessus, qui a fixé son attention - et la nôtre - sur un objet plutôt banal en apparence. Alors, on va se poser quelques minutes pour mieux regarder le début d’une série qui démarre.
En avant-première, ce jeune photographe français de 25 ans, passionné par la photographie documentaire et l’architecture, nous dévoile les premières images d’un sujet aussi singulier qu’universel : l’endroit où l’on pose les fesses.
On commence par l’Afrique, en novembre 2016, avenida 25 de Setembro, au Mozambique. Juste une rue où l’on découvre ici une chaise ingénieusement rafistolée, trois autres en plastique empilées les unes dans les autres pour plus de confort ou pour déjouer les cassures, une très design qui semble léviter, une autre digne de Picasso tout en éléments de récupération, quelques briques amoncelés, une caisse Coca Cola… C’est drôle, bien vu, cocasse… mais pas seulement ! C’est aussi une approche anthropologique extraordinaire pour appréhender la vie ici, sa société, ses rituels contemporains, son économie, ses besoins, sa culture… C’est une façon de raconter différemment une rue, une ville, un pays, ses habitants.
Je vous invite à parcourir son site guillaume-lassus-dessus.com et notamment son travail au long cours « Espagne, un urbanisme avorté ». Il est question de ces villes fantôme engendrées par une frénésie immobilière stoppée nette par la crise, comme Ciudad Valdeluz, supposée accueillir 30 000 habitants et dont seulement 5 % des logement sont occupés.
Ce que j’ai voulu remarquer ici, ce ne sont pas les meilleures images de Guillaume Lassus-Dessus même si elles portent déjà en elles l’empreinte de sa personnalité dans leur composition, leur maîtrise, leur restitution de matière et leur processus de réalisation. C’est un sujet en devenir que je salue. Comme un photographe en devenir.

Votez pour Guillaume LASSUS-DESSUS

Photographie.com : Reiko NONAKA

NONAKA Reiko Zooms 2017
NONAKA Reiko Zooms 2017

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Présentée par Didier de Faÿs - Photographie.com

Biographie
La gémellité, c’est ce qui m’a le plus influencée dans ma vie. Ma sœur et moi sommes proches l'une de l'autre à un point difficilement imaginable. À l’origine, nous étions une seule cellule, mais ensuite, nous avons été divisées en deux parties. Nous avons deux corps différents, mais le fait d’avoir vécu dans la même cellule crée entre nous des liens très forts et indissolubles.
Si je fais de la photographie, c’est peut-être parce que je suis jumelle. La gémellité renvoie toujours à la notion de « double ». Les jumeaux sont un reflet l’un de l’autre, tout comme la photographie est une sorte de reflet du réel. La photographie pour moi est un art du double, en quelque sorte.
Ce travail est basé sur mes propres expériences en tant que jumelle. Ce qui m’intéresse chez les jumeaux, ce n’est pas simplement la ressemblance physique, c’est plutôt quelque chose d’intérieur de la vie de jumeaux. J’ai cherché pendant longtemps ma façon d’exprimer la gémellité en tant que jumelle.
J’ai intitulé cette série « Double vie », car le « double » a le sens de deux, mais il est singulier, c’est pourquoi ce titre convient autant mon travail. De plus, le mot « vie » a deux sens : le fait de vivre comme une existence, et puis, l’ensemble des phénomènes de la naissance à la mort. Certes, nous sommes physiquement deux personnes, nous avons chacun une vie, mais notre dualité s’incarne dans une seule vie. Depuis le début, nous partageons une seule existence à deux, et aussi vivons une « double vie » comme une seule vie, pour toujours. Je considère ce travail comme un jeu de la notion de double, deux en un, un en deux.
Avant de photographier, je mets beaucoup de temps pour la préparation. J’écoute d’abord ce qu’ils font dans la vie, ce qui les passionne, les choses qu’ils trouvent importantes chez eux, et leurs propres histoires de jumeaux. A partir de là, je choisis leurs objets qui symbolisent leurs vies. En utilisant leurs objets, j’aimerais évoquer leurs personnalités et leurs vies, comme une sorte de narration documentaire. Puis, avec ces objets, je construis une image symétrique en mettant les personnes avec leurs objets dans leur espace.
Reiko Nonaka est établie en France depuis 2005.

Eloge
Reiko Nonaka met en œuvre depuis plusieurs années une importante série photographique « Double vie » en France et au Japon –ces deux pays parfois jumeaux dans leur relation à la beauté–.
Dans un reportage à huit-clos, elle explore la gémellité dans une pratique documentaire singulière. Renouvelant le dispositif, la photographe japonaise réalise à travers la photographie un cérémonial intime et joyeux. Aboutissement d’une longue recherche, chaque double portrait dépasse alors le jeu de la ressemblance ; il nous intègre dans l’image. Dans ce moment précis, invité par la photographe, le duo devient trio avec nous-même. Chaque photographie prend alors une portée humaniste essentielle. 

Votez pour Reiko NONAKA

Focus Numérique : Cyrille ROBIN

ROBIN Cyrille Zooms 2017
ROBIN Cyrille Zooms 2017

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Présenté par Renaud Labracherie - Focus Numérique

Biographie
Né en 1984 à Roanne, Cyrille Robin vit et travaille à Paris. Il commence par suivre des études scientifiques avant de se consacrer à la photographie, et intègre l’école Louis Lumière en 2005. Son travail personnel questionne les souvenirs idéalisés, le rapport à l'image de soi et la transfiguration du réel. Récemment, il étend sa recherche dans des installations qui mettent en scène des dispositifs analogiques 3D. Il cultive une esthétique en équilibre entre le passé et le présent, le masculin et le féminin.

Eloge
Le jour de la photo scolaire est souvent l’une des premières rencontres avec un photographe professionnel. Cette première image, qui sera rendue publique, n’est pas maîtrisée par la personne photographiée et pourra s’avérer difficile à assumer, pour un adolescent particulièrement. À l’heure de Facebook, Instagram et Snapchat, les jeunes se donnent désormais de nouvelles obligations vis-à-vis de leur image sur les réseaux sociaux. Ils se mettent en scène régulièrement et partagent publiquement leur actualité sans pudeur.
Comme pour exorciser sa première image scolaire, Cyrille s’est glissé dans la peau d’un photographe de lycée pour réaliser un album de promotion qui conjugue les codes de la photo d’école et ceux de la mode qu’il connait bien.

Votez pour Cyrille ROBIN

Polka : Jeanne TARIS

TARIS Jeanne Zooms 2017
TARIS Jeanne Zooms 2017

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Présentée par Dimitri Beck - Polka

Biographie
Née en Dordogne en 1959, Jeanne Taris fait partie de ces gens qui ont toujours fait de la photographie leur jardin secret. Et elle l’entretient depuis l’adolescence. Elle a élevé ses quatre enfants et en 2015, elle décide de montrer enfin ses images et de participer à un atelier photo donné par Olivier Laban-Mattei de l’agence Myop. Il l’encourage à aller plus loin et à montrer son travail à d’autres. Résultat: une toute première exposition sur les pêcheurs de Côte d’Ivoire, à Lège-Cap-Ferret où elle vit, puis une seconde au festival de photoreportage BarrObjectif sur les Gitans d’Andalousie, un travail qu’elle mène depuis un an et demi. Lors de son séjour à Perpignan pour assister au festival Visa pour l’Image en 2016, elle est absorbée par la quartier Saint-Jacques et sa communauté gitane catalane, la seule qui soit sédentaire en France depuis plusieurs siècles. Les photos de la série "Gitanos de la ciudad sin ley" ont aussi été exposées au Cap Ferret entre août et septembre 2016.

Eloge
Nous aimons les découvertes et les surprises dans notre métier. Et j’en ai eu une en rencontrant Jeanne Taris lors d’une lecture de portfolio, au Salon de la photo l’année dernière. Au fil des images, elle me raconte son premier sujet au long cours sur les Gitans d’Andalousie et puis, sur ceux du quartier Saint-Jacques à Perpignan. Impressionné par son implication, sa franchise, son approche et son style direct, je l’écoute. « Je passais par Perpignan pour aller à Visa pour l’Image. Et j’ai été happée par le quartier Saint-Jacques. A tel point que je n’ai pas pris le temps de voir les expositions. En me promenant dans le quartier où vit la plus ancienne communauté gitane catalane sédentaire de France, j’ai commencé par prendre des photos de rue. Je n’ai ressenti ni de peur ni d’appréhension, même si beaucoup de gens me déconseillaient d’y aller. Et puis, j’ai eu envie d’y retourner afin d’en savoir plus sur les histoires de ces familles que j’avais rencontrées. Comme mes enfants étaient tous à l’étranger lors des fêtes de fin d’année, j’ai décidé de passer Noël et le Nouvel an là-bas. J’ai loué une petite chambre sur place. J’en suis revenue vraiment chamboulée. Les femmes sont toutes tristes et malheureuses. Elles sont comme emprisonnées et résignées. Quand je leur demande la raison pour laquelle elles ne partent pas, elles répondent : ”Je suis gitane”, comme si c’était une fatalité. La communauté de ce quartier vit repliée sur elle-même. Le curé de la paroisse constate qu’il y a de moins en moins de visiteurs à l’église. Drogue, alcool et délinquance qui les tuent à petit feu. Et leurs gamins, dès le plus jeune âge, boivent de la bière et fument des clopes. Ils sont les rois. Je suis très inquiète pour l’avenir de ces jeunes qui n’ont pas vraiment d’enfance. Ils sont déscolarisés pour la plupart ; ils ne savent ni lire ni écrire et traînent dans la rue. Leurs propres mères ne peuvent rien dire. J’ai vraiment peur et mal pour eux tous. Ils ne savent pas se projeter. Et l’avenir semble vraiment sombre pour eux. Pourtant, je veux y retourner avec l’espoir de voir un jour leur situation changer… »

Votez pour Jeanne TARIS

Bandeau Zooms 2017
Bandeau Zooms 2017