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Les Zooms 2018

Découvrez la 9e édition des Zooms du Salon de la Photo !

Afin d’encourager et de mettre en valeur la profession de photographe, le Salon de la Photo a initié en 2010 « LES ZOOMS », deux prix qui sont décernés, l’un par le public, l’autre par la presse spécialisée photo. Les résultats seront proclamés le 2 octobre 2018.

Neuf rédacteurs en chef ou directeurs de rédaction de la presse photo ont désigné chacun un photographe professionnel « émergent » (français ou installé en France), un vrai coup de coeur pour un talent encore peu connu ou pas assez reconnu. Une exposition de 10 photos des 2 lauréats sera organisée au Salon de la Photo 2018. Ils auront, par ailleurs, l’opportunité de montrer leurs travaux en février 2019 au salon CP+ de Yokohama, partenaire du Salon de la Photo depuis plusieurs années. De même, les 2 gagnants japonais des « Zooms CP+ Editors’ Award et Public Award » de 2018 seront eux aussi exposés au Salon de la Photo à Paris. Et, comme l'année dernière, les amoureux français et japonais de la photographie pourront voter pour désigner les vainqueurs des concours de chacun des deux pays. Ainsi, la plateforme de vote pour les candidats japonais ouvrira du 1er septembre 2018 jusqu'à mi-octobre.

Présidé par le photographe Jean GAUMY, le jury a choisi ses talents :

Antoine BIRON, présenté par Renaud Labracherie, rédacteur en chef de Focus Numérique

Arthur CRESTANI, présenté par Agnès Grégoire, rédactrice en chef du magazine Photo

Delphine DIALLO, présentée par Eric Karsenty, rédacteur en chef du magazine Fisheye

Nahia GARAT, présentée par Yann Garret, rédacteur en chef du magazine Réponses Photo

Pierre GELY-FORT, présenté par Dimitri Beck, directeur de la photo du magazine Polka

Allyssa HEUZE, présentée par Stéphane Brasca, directeur de la rédaction du magazine de l’air

Pascal RIVIERE, présenté par Vincent Trujillo, directeur de la rédaction du magazine Le Monde de la Photo

Cédric ROUX, présenté par Gérald Vidamment, rédacteur en chef du magazine Compétence Photo

Chloé SHARROCK, présentée par Didier de Faÿs, rédacteur en chef de Photographie.com

Prenez un peu de temps, et beaucoup de plaisir, découvrez, regardez, appréciez le travail de chacun(e) des 9 photographes, puis, pour donner une chance à votre photographe préféré(e) d’avoir son exposition au Salon de la Photo aux côtés des deux lauréats des Zooms Japon CP+/Editors’ Award 2018.

Focus Numérique : Antoine BIRON

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Présenté par Renaud Labracherie - Focus Numérique

Biographie

Graphiste de profession, la photographie est une passion qu’il a développée au cours de ces dix dernières années pour devenir une seconde activité à part entière. C’est lors de son apprentissage à l’école de graphisme qu’il développera un goût prononcé pour le photomontage. Ses premières affinités le dirigeront vers la photographie de paysages, de friches industrielles et au light painting. Depuis quelques années, entre reportages sur des artistes, photos de concerts et de plateaux, il s’oriente davantage vers la photographie de rue et la photographie conceptuelle.

Eloge

Tout est dans le détail. Antoine Biron le sait bien et s’attache justement à nous montrer que notre univers tangible est très fragile. Un petit quelque chose d’inhabituel et nous voilà plongés dans un monde où les statues, imposants blocs de pierre, partent à la plage, en maillot de bain qui plus est ! Dès lors, de simples marques de bronzage transforment une nudité habituellement si conventionnelle en véritable scène de voyeurisme que les touristes n’hésitent pas à immortaliser. Un décalage mis en exergue avec humour, et ça fait du bien !

Votez pour Antoine BIRON

Magazine Photo : Arthur CRESTANI

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Présenté par Agnès Grégoire - Photo Magazine

Biographie

Né en 1991, Arthur Crestani est diplômé du master Governing the Large Metropolis de Sciences Po Paris (2013) et du master Photographie de l’ENS Louis-Lumière (2017). Il se consacre donc aujourd’hui à la photographie après des études de sciences sociales et d’urbanisme. Ayant vécu plusieurs années à Delhi, il se passionne pour les problématiques urbaines indiennes. Aujourd’hui basé à Paris, il poursuit ses projets photographiques entre l’Inde et la France. Avec un regard à la fois tendre et décalé, il cherche à questionner la place des habitants et le rôle des images dans la construction du territoire. 

Eloge

L’urbanisation indienne ressemble à une fabrique à rêves. À Gurgaon, la « Millenium City » en banlieue de Delhi, les publicités immobilières offrent des visions idylliques de la ville de demain. A mi-chemin entre la carte postale de Toscane et l’architecture de Singapour, ces représentations fantasmées trahissent les aspirations consuméristes de la nouvelle classe moyenne indienne. L’exclusivité, la sérénité et le luxe forment la Sainte Trinité d’un rêve immobilier qui contraste radicalement avec les lacunes béantes d’une urbanisation tous azimuts. Omniprésents dans le paysage visuel de Gurgaon, les mirages publicitaires colonisent l’imaginaire de ses habitants. Mais au-delà du rêve, la réalité est celle d’une condition urbaine dystopique, où les ensembles résidentiels font figure de prisons dorées aux milieux des terrains vagues et des champs. Inspiré par la tradition indienne du studio photo ambulant, Arthur Crestani est parti à la rencontre des habitants de cette ville en pleine croissance. Au milieu des chantiers et des nouveaux complexes immobiliers, ce sont les visuels publicitaires qui servent de décors à ses photographies. Passants, ouvriers et villageois sont alors invités à se mettre en scène devant les images fantasmées de ces logements modernes.

Le premier grand sujet d’Arthur Crestani est édifiant par sa construction, son originalité et sa narration. La photographie lui permet de documenter la métamorphose des villes en Indes, ses projections et la réalité, tout en replaçant l’humain au cœur des projets d’urbanisation pour mieux en dénoncer l’exclusion. Le fond sociologique, politique, économique est riche. Sa forme artistique réussit à intriguer et captiver aussi bien les experts que le grand public. Ce jeune photographe laisse à penser qu’il peut raconter le monde avec une approche nouvelle et contemporaine. Arthur Crestani, nous en faisons le pari, rejoindra un jour les grands bâtisseurs de la Photographie.

Votez pour Arthur CRESTANI

Fisheye : Delphine DIALLO

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Présentée par Eric Karsenty - Fisheye

Biographie

Née à Paris en 1977 et actuellement basée à New York, Delphine Diallo est une artiste franco-sénégalaise inclassable. Diplômée de l'Académie Charpentier School of Visual Arts à Paris, elle a travaillé dans l’industrie de la musique avant d’être l’assistante de Peter Beard qui s’est dit « impressionné par sa créativité et sa spontanéité ». Delphine Diallo se plonge dans le domaine de l'anthropologie, la mythologie, la religion, de la science et des arts martiaux pour libérer son esprit.

Eloge

« J'ai rêvé d'images capables de rapprocher les gens... un lien universel avec chacun de nous, une évolution de la relation entre les hommes et les femmes. La femme, l’énergie féminine révèle et donne accès à une nouvelle perception du monde. L'idée est de transformer ces femmes en guerrières, comme de nouvelles héroïnes. Elles ont été appelées dans le domaine de l'aventure humaine, elles sont appelées à de nouveaux horizons. »

Delphine Diallo signe son premier solo show lors des Rencontres d’Arles 2018 à la Fisheye Gallery, installée pour l’occasion au Magasin de Jouets.

Votez pour Delphine DIALLO

Réponses Photo : Nahia GARAT

nahia garat zoom 2018
Nahia Garat zoom 2018

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Présentée par Yann Garret - Réponses Photo

Biographie

Nahia Garat, 26 ans, est originaire du Pays Basque. Bac en poche, elle multiplie les expériences dans cet univers de la photo qui la passionne, à travers une série de stages qui lui fait découvrir toutes les facettes du métier : studio, laboratoire, boutique photo, presse, assistanat de photographe. En 2012, elle intègre l’ETPA à Toulouse, où elle suit la formation de praticien-photographe. Depuis 2014, elle vit et travaille à Bordeaux en tant que photographe indépendante, une activité qu’elle souhaite plurielle, à l’image de ses multiples expériences. A côté de ses travaux de commande (événementiel, mariage, sport, publicité, etc.), elle peaufine une écriture photographique plus personnelle à travers des projets d’auteur qui traduisent son obsession pour la confrontation des regards, et où le portrait est particulièrement présent

Eloge

Les territoires de l’enfance inspirent de mille manières les photographes. Celui qu’a choisi d’arpenter Nahia Garat est un creuset d’émotions et de sensations, où chacun pourra retrouver l’écho de ses propres souvenirs. En accompagnant pendant cinq étés successifs une colonie de vacances itinérante, la jeune photographe dresse un inventaire des sentiments à l’aube des passions adolescentes. Un pêle-mêle d’allégresse et d’appréhension, de liberté qu’on doit apprendre à apprivoiser, d’éclats de rire et d’instants graves. Islada, titre de la série présentée ici, signifie “le reflet” en basque. La photographe joue en effet des reflets de lumière et des reflets de l’âme, des effets de miroir que le dépoli de son bi-objectif (Rolleiflex et Yashica) renvoie vers la mémoire de chacun, dans un noir et blanc assez dense qui parvient pourtant à traduire beaucoup de douceur.

Votez pour Nahia GARAT

Polka : Pierre GELY-FORT

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Présenté par Dimitri Beck - Polka

Biographie

Pierre Gély-Fort est né un jour d’hiver 1954, à Alger. Le souffle du Sirocco le pousse lui et sa famille à un départ forcé, en 1962, vers la France. Il passe un CAP de mécanicien et d’électricien en automobile à Argenteuil. Après un début de carrière en France, il prend la route de l’expatriation. Pendant plus de vingt-cinq, il enchaine les postes en Asie, en Europe de l’Est en passant par la Scandinavie. Après quarante-deux ans d’une carrière exclusivement dans le secteur automobile, un sérieux problème de santé le contraint à prendre une retraite anticipée. Il se tourne alors vers la photographie, suit une formation à Gobelins fin 2015 et des ateliers photos dont deux avec le photographe français d’origine slovène, Klavdij Sluban. Dans la foulée, il part en Crimée, en Sibérie, en Géorgie, en Bulgarie et plus récemment en Transylvanie et au Japon. Pour donner sens et vie à son travail, il auto-édite ses livres au fil de ses voyages. Ce qui lui a permis de retenir l’attention de la galerie Agathe Gaillard, où Fiona Sanjabi, sa directrice, prévoit à terme de l’exposer.

Eloge

Il était une fois…

 Il n’y a pas d’âge pour se découvrir une passion. Après une carrière entièrement passée dans le secteur automobile, Pierre Gély-Fort a pris la route pour le monde de l’image à la soixantaine, suite à un problème de santé. Retraité de sa vie passée, il est aujourd’hui tout jeune photographe. Rencontré lors d’une lecture de portfolios à Polka en 2017, j’ai tout de suite accroché sur sa manière de saisir les instants bien réels mais qui ont pourtant l’air suspendus, comme dans un manège enchanté où rien ne tourne rond. Des saynètes inquiétantes et des personnages intrigants semblent sortis d’une fiction aux accents de l’Est. Il n’y a qu’à voir l’intérieur d’une cuisine désordonnée avec sa rangée de couteaux et de machettes aimantées à un mur bleu pastel ; ces deux femmes souriantes, exhibant deux seringues dans un café baigné d’un soleil chaud ; le portrait serré d’un chien des rues aux yeux vairons… Une brise surréaliste plane sur les photos de Pierre, réalisées lors de plusieurs voyages en Sibérie, Crimée, en Géorgie et en Bulgarie. Aucune légende n’accompagne les images. Comme dans un conte, un voyage hors du temps où chacun peut se raconter son histoire. 

Votez pour Pierre GELY-FORT

De L'Air : Allyssa HEUZE

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Présentée par Stéphane Brasca - De l'Air

Biographie

Née en 1994 à Manille, Alyssa Heuze, s'est installée à Paris à vingt ans pour étudier à l'école des Gobelins à Paris. Diplômée en 2017, la jeune franco-philippine a très vite signé des séries de mode dans des magazines français et internationaux, a participé à la nuit de l'année à Arles en 2017, à une foire à Amsterdam et à une exposition à Paris au printemps 2018. Elle a fait partie des 10 sélectionnés du festival de la mode d'Hyères également cette année. 

Eloge

Je connais depuis peu Alyssa Heuze. En fait, c'est un ami, Grégoire Korganow, cofondateur du magazine de l'air qui m'a parlé la première fois du travail de cette jeune photographe franco-philipine. Il l'avait eu en cours à l'Ecole des Gobelins et avait été frappé par son écriture, déjà affirmée du haut de ses 24 ans.  Oï est son premier projet personnel abouti. Oï pour ne ne pas dire coït. Façon de tourner autour du pot et de ne pas y toucher. Alyssa a choisi la métaphore, le jeu, le labyrinthe pour parler de sexe. Natures mortes et portraits ponctuent sa série où elle convoqué des bananes, des donuts, des asperges et des amis pour jouer au jeu de l'amour. Cette pudeur, non dénué d'humour et d'érotisme latent, ce désir de stimuler le regardeur, un rien voyeur, m'ont convaincu de la présenter aux Zooms du Salon de la Photo 2018.

Votez pour Allyssa HEUZE

Le Monde de la Photo : Pascal RIVIÈRE 

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Présenté par Vincent Trujillo - Le Monde de la Photo

Biographie

Pascal, âgé de 44 ans, père de famille, mène une double vie depuis son enfance. Informaticien de formation, il mène en parallèle un travail d’auteur depuis de nombreuses années en tant que photographe. Attiré dès son plus jeune âge par une forme d'expression artistique, il s’est d’abord essayé à la guitare avant de trouver dans l’ appareil photo l’outil idéal et exutoire pour s’exprimer et créer. La photographie va devenir son langage comme une forme de résistance à sa vie professionnelle fait de technologie et de routine rationnelle. Cet accomplissement aura nécessité un total engagement et un apprentissage forcément ingrat. C’est à l’occasion de stages et de lectures de portfolio à la MEP que Pascal se forge un destin de photographe. Il ne cesse de courir expositions, les livres de ses grands maîtres (W. Klein, G.Winogrand, D. Moriyama, G. Rondeau, JC. Bechet, B. Davidson, S. Larrain, R. Frank, W.E. Smith) pour éduquer son propre regard et affiner son propos. Son investissement et son talent se trouvent récompensés en 2016 lorsque Sylvie Hugues sélectionne et projette son premier travail, en tant que  « coup de cœur », de la soirée de clôture de ses lectures à la Maison Européenne de la Photographie.

Eloge

Notre rencontre avec Pascal fût fortuite. Alors que nous préparions une édition spéciale consacrée à la photo de rue, Jean-Christophe Bechet et Sylvie Hugues nous proposent d’illustrer un des portfolios de cette parution avec le travail de Pascal Rivière intitulé « Les Olympiades ». Cette série d’images noir et blanc interpelle immédiatement la rédaction du magazine. Elle révèle une introspection dans le « Chinatown » parisien qui se rêvait, au début de années 70’s en un «Manhattan » à la française. De déconfiture en désillusion, le projet ambitieux de l’architecte Michel Holley, se mue en un territoire mystérieux, intriguant et anachronique. L’endroit est livré à lui-même au cœur de Paris. Pascal privilégie l’approche documentaire. Le photographe admire les lignes inachevées, les bâtiments d’un autre temps, les rues souterraines d’une cité dans la cité. Ce désir de présenter ce territoire à travers son urbanisme plutôt que ses populations venues vivre dans ce « ghetto » est un vrai tour de force narratif. Cliché après cliché, Pascal montre l’impact de ce vaisseau de pierre sur le mode de vie des populations (essentiellement issues de l’immigration) qui se sont installées en ce lieu pour y vivre. L’architecture guide son objectif où l’on découvre les visages fantomatiques ou impassibles qui errent au milieu de vestiges urbains qui traduisent une grandeur inachevée. Il révèle ainsi une identité cachée et géographique. Le traitement noir et blanc des clichés révèle un peu plus cet engourdissement visuel des monuments. Il flotte comme un air de Blade Runner dans cette approche. L’écriture visuelle de Pascal, sans jamais tomber dans la dénonciation théâtrale d’une misère sociale, nous emporte dans le gris sombre du béton, la lueur hésitante du jour, le mantra d’un graffiti où au détour d’un coin de rue intimidant pour révéler un monde insoupçonné dont les codes sociaux sont antagonistes aux idéaux aseptisés de nos sociétés modernes. Pascal aime ce lieu. Il pourrait y vivre de son propre aveu. La notion de territoire semble déterminer la condition humaine dans l’antre des Olympiades. Ému par cette interaction, Pascal raconte cette histoire ambigüe du monde moderne, entre fulgurances et déshérences urbaines, avec une fascination visuelle qui force le respect. C’est ce qu’on appelle un vrai travail d’auteur.

Votez pour Pascal RIVIÈRE

Compétence Photo : Cédric ROUX

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Présenté par Gérald Vidamment - Compétence Photo

Biographie

Né en 1982 en région parisienne, Cédric Roux est passionné de photographie de rue depuis de longues années. Mais il a tardé à pratiquer l’exercice, craignant de ne pas réussir à saisir les scènes de vie comme il le souhaitait. Il aura fallu attendre un premier voyage d’une semaine à New York en 2012 pour qu’il ose enfin franchir le pas. Depuis 2014, il s’y consacre régulièrement, se rendant tantôt sur le continent américain, tantôt dans des grandes villes d’Europe comme Istanbul, caractérisées par leur grande diversité culturelle. En 2017, il est finaliste de festivals de photographie de rue à Miami, San Francisco, Londres et Rome et obtient sa première publication dans le magazine America.

Eloge

Cachez donc ce visage que je ne saurais voir. Ce propos, ni Molière ni un photographe – de rue ou d’ailleurs – n’imaginerait le tenir. Mais voilà : en France, terre de Joseph Nicéphore Nièpce et de Louis Daguerre, s’applique un droit : celui lié à son image. Dans le Code civil, il se résume en seulement neuf mots : « Chacun a droit au respect de sa vie privée. » (article 9 alinéa 1er). Cet énoncé, aussi bref qu’évasif, impose de fait à tout photographe (français uniquement) ce que l’on pourrait affablement nommer un devoir de réserve au déclenchement en l’absence de l’accord préalable de la personne sur le point d’être photographiée. Face à ce questionnement récurrent avant chaque mouvement de l’index – ai-je ou n’ai-je pas le droit ? – Cédric Roux a tranché en relevant le défi de réaliser une série photographique intitulée Droit à l’image. Autrement dit, saisir dans la rue des scènes de vie respectant à la lettre le droit français tout en soulignant l’absurdité de la situation, qui incite notamment à prioriser la recherche de l’esthétique à défaut de pouvoir développer une approche plus documentaire.

Si, au nom du droit à l’image, Cédric a accepté – temporairement tout au moins – de se conformer à la loi en vigueur pour mener à bien sa quête photographique, il a toutefois fixé à son tour une règle intangible : s’interdire de photographier une personne de dos. En somme, pour chaque image, ce fut une rencontre fortuite de face, voire de profil, avec son sujet – parfois même plusieurs simultanément. Bien entendu, il fallait esquiver les visages. Pour y parvenir, Cédric aura usé de tous les stratagèmes. Au-delà des classiques jeux d’ombres et du recours aux contrastes extrêmes, il jongla habillement avec les cadrages, tira parti d’éléments obstruant la vue, profita de la moindre action fugace et de quelques heureux concours de circonstances patiemment attendus.

Cette quête photographique, Cédric Roux l’a mené sans relâche avec ce qui a toujours caractérisé son travail : la bienveillance. Finalement, si la série Droit à l’image cherche à interpeller tout un chacun sur le bien-fondé d’une loi hexagonale, elle participe plus encore à la réconciliation entre le photographe de rue et son sujet de prédilection : le passant. D’ailleurs, à en croire Cédric, ce dernier ne serait généralement pas avare de sourires, une fois la prise de vue effectuée et le photographe démasqué.

Votez pour Cédric ROUX

Photographie.com : Chloé SHARROCK

chloé sharrok

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Présentée par Didier de Faÿs - Photographie.com

Biographie

Née en 1992 à Chamonix, Chloé est très jeune baignée dans un environnement artistique, où l'image se place comme medium privilégié pour exprimer ses émotions et ses ressentis. C'est donc naturellement qu’elle se tourne, dans un premier temps, vers des études d'Histoire de l'art à l'Université Lumière à Lyon dans lesquelles elle se spécialise sur les courants picturaux du XIVe au XIXe siècle. Grandement influencée dans son travail par cette esthétique elle apporte une attention  toute particulière à la lumière et la composition. Par la suite elle entreprend des études de Cinéma à l'Université Paris VIII à Paris spécialisée en réalisation de documentaire et de cinéma expérimental. Prenant sa source dans l'aspect documentaire de ses études, très vite une envie de témoigner du réel s'impose à elle. En 2016, elle décide que son média sera la photographie et ce  dans une dimension résolument journalistique. Un premier voyage au Liban en Décembre 2016 lui ouvre les yeux sur le Moyen-Orient. Quelques mois plus tard  elle  crée l’association «  Alhawiat, » qui promeut le rôle des femmes dans la reconstruction des sociétés éclatées par les conflits, et entame un large projet photographique au pays du Cèdre auprès des femmes Libanaises, Syriennes et Palestiniennes - projet encore en cours aujourd'hui. Chloé rejoint l’agence Le Pictorium en avril 2018 afin de donner plus de visibilité à son travail.

Eloge

Écrire avec la lumière, c’est littéralement le choix de Chloé Sharrock pour témoigner du réel. À la suite de ses études en réalisation de documentaire et cinéma expérimental, elle devient photographe. Avec passion et conscience. Ce n’est pas pour rester à la surface des événements, pour reproduire les clichés de la manipulation de l’information. Elle pousse son engagement à traiter des conflits hors des champs de batailles et de la guerre des images. Lorsque la nuit tombe à Gaza, Chloé Sharrock raconte la vie sans lumière dans des photographies subtiles où l’on ressent progressivement la pénurie d’électricité comme le début d’une liste sans fin de conséquences… Écoutons cette jeune photographe lorsque la nuit tombe sur Gaza. « Il est juste six heures de l’après midi, mais l’hiver raccourcit les jours et bientôt le quartier sera plongé dans l’obscurité totale. » Car les gazaouis ne disposent quotidiennement et de manière aléatoire que de quelques heures d’électricité *. Cette pénurie d’électricité provoque de sérieuses conséquences sur la vie quotidienne de milliers de vies qui dépendent des équipements électriques : problèmes économiques évidemment mais aussi sanitaires et environnementaux. Dans cette série elle décrypte la pièce de théâtre et l’enjeu de Gaza qui « autrefois la clé de voûte de la politique palestinienne, fière et pleine de défi, n’est plus aujourd’hui que le point névralgique de querelles qui agitent la Palestine moderne divisée en deux clans, le Fatah de Mohamoud Abbas et le Hamas d’Ismaël Haniyeh qui contrôle Gaza depuis sa violente prise de pouvoir en 2007. Un blocus renforcé sur le territoire de la part d’Israël et de l’Égypte ajoute à l’exaspération constante des divisions et conduit à une impasse qui atteint son point de rupture : la situation à la fois économique et sociale est alarmante. Au cœur de ces jeux de pouvoir constants, l’électricité est devenue un moyen de pression qui détériore profondément la situation humanitaire déjà au bord de l’effondrement. » Les dix photos présentées pour les Zooms du Salon de la Photo couvrent cette vie malgré tout dans les ruelles obscures. C’est un fragment, car Chloé Sharrock complète son décryptage dans les intérieurs des familles; elle réalise des reportages dans les hôpitaux et les infrastructures sanitaires complétées par les portraits des responsables économiques et politiques. Elle documente ainsi le drame humain dans son ensemble. Quel rôle important pour un jeune photographe que faire toute la lumière sur ce que l’on ne peut plus voir…

Votez pour Chloé SHARROCK