Rémi Chapeaublanc et Lionel Prado

Rémi Chapeaublanc & Lionel Prado

L'esprit de l'aventure

Tous deux voyageurs, Rémi Chapeaublanc et Lionel Prado nous invitent dans leurs aventures: traverser les steppes de Mongolie ou franchir les cîmes du Ladakh ; dans les profondeurs du noir et du blanc ou dans des couleurs fascinantes, ils partagent une même quête de spiritualité.

Photographe autodidacte, Rémi Chapeaublanc était destiné à une carrière scientifique en bio-informatique. A cette formation cartésienne, il ajoute une dimension sensible, centrée sur l'homme, dès ses débuts de photographe. Il s'est toujours intéressé aux autres et voyage sans interprète, ne parlant pas les langues des pays qu'il traverse. Le geste et l’image favorisent l’échange. C'est ainsi qu'il a perfectionné ses compétences au Canada, en Norvège, au Burkina Faso, au Népal, en Russie, en Mongolie, au Laos et bien d’autres. Pour sa série Gods & Beasts (2011), il traverse l'Europe et l'Asie jusqu'en Mongolie avec sa moto. Il a réalisé des portraits de bergers Kazakhs nomades et de leurs animaux à la tombée de la nuit, à l'intérieur ou à l'extérieur des yourtes, sans jamais avoir recours à des retouches en dépit de leur travail en numérique.

L'utilisation du clair-obscur dans les portraits sérieux et uniques de la série Gods & Beasts immobilise les comportements et renforce leur aspect renversant. Le travail de Rémi Chapeaublanc se caractérise par une photographie puissante et raffinée, à la fois humaine et engagée. Présentés côte à côte, les portraits d'hommes et d'animaux ont la même valeur, le même traitement est appliqué, amenant le spectateur à s'interroger sur la nature des relations entre l'homme et les animaux et sur le régime de valeurs que tout le monde leur confère. Pour sa dernière série, Riding the Silent Storm, il nous emmène dans un voyage personnel et introspectif.

Originaire des Alpes du sud de la France, Lionel Prado a toujours été épris de nature et vise à replacer l’homme dans son environnement naturel en le connectant de nouveau à l’essentiel. Les grands prédateurs le fascinent par le sauvage qu’ils incarnent. Tandis qu’il piste le loup qui a récemment repris sa place dans le Mercantour, Lionel Prado sent naître une envie profonde de valoriser ce retour du sauvage dans nos sociétés modernes. En quête du sens et de la profondeur de la vie, il se préoccupe de l'authenticité de la nature sauvage. Sa quête solitaire l'a amené à quitter la côte et son tumulte pour la montagne et ses sommets préservés de la modernité. « Replacer l’homme au cœur des éléments naturels, c’est le reconnecter à l’essentiel. »

Marcher à la recherche de rencontres insolites et de lumières subtiles, partir pour apprendre à se connaître face à l'immensité et au pouvoir de la nature, pour révéler ses valeurs personnelles.

Sa photographie et ses films, lui permettent de valoriser un équilibre entre l’homme et la nature et de partager l'essentiel à travers sa vision, la préservation de l’environnement. « Le média n’est pas important, seul compte le ressenti qui en découle. » En 2016, il est lauréat de la Bourse Iris remise par Vincent Munier lors du Festival photo de Montier-en-Der.