Jean Gaumy

Jean Gaumy

La photographie dite "humaniste"

« Prendre des photos pour Jean Gaumy, c'est comme pêcher ou écrire. C'est sortir de l'inconnu ce qui résiste et refuse de se révéler. » Lors de son installation à l’Académie des beaux-arts en octobre, le peintre officiel de la Marine et cinéaste membre de l’agence Magnum Photos, a exprimé son attachement particulier à la photographie dite « humaniste ». Cette photographie à hauteur d’homme est lucide, critique, très porteuse de sens, d’utopie : de tout ce qui n’a pas de prix.

Né en 1948, Jean Gaumy intègre, en 1973, l’agence Gamma à la demande de Raymond Depardon ; il initie alors deux reportages au long terme sur des sujets jamais encore traités en France, le milieu hospitalier et carcéral.

Il rejoint l’agence Magnum en 1977. Également réalisateur, il explore dans ses films et reportages le monde de la vie rurale et maritime. Il réalise en 1984 son premier film, La Boucane ; d’autres films suivent, souvent primés, tous diffusés par les télévisions françaises et européennes. Cette même année, il commence un cycle d’embarquements hivernaux à bord de chalutiers qu’il poursuivra jusqu’en 1998 et qui donnera lieu à la publication du livre Pleine Mer. Il réalise de nombreux reportages en Afrique, en Amérique centrale et au Moyen-Orient. Son premier voyage en Iran se déroule lors de la guerre avec l’Irak en 1986, où il prendra une photo devenue célèbre de femmes iraniennes s’exerçant à tirer pendant la guerre Iran-Irak. Après Jean-Jacques, chronique du bourg d’Octeville-sur-Mer vue par les yeux de l’« idiot du village» en 1987, il réalise son troisième film, Marcel, prêtre, en 1994, tourné en plusieurs années à Raulhac, dans le Cantal. Dès 2005, il engage les repérages et le tournage du film Sous-Marin pour lequel il passe quatre mois en plongée lors d’une mission à bord d’un sous-marin nucléaire d'attaque. Il entame un travail de reconnaissance photographique qui le conduit des mers arctiques aux territoires contaminés de Tchernobyl en Ukraine. Pour le même projet, il repart en 2010 à bord du plus récent des navires dédiés à la dissuasion nucléaire. Il a reçu le prix Nadar en 2002 pour Pleine Mer puis en 2010 pour D’après nature, une série de paysages de montagne. Il est nommé officiellement Peintre de la Marine en 2008. En 2018, il est président du jury des Zooms du Salon de la Photo.