Jean-François Spricigo

Jean-François Spricigo

En présence de l'inexpliqué

Je crée comme l’oiseau bat des ailes, pour ne pas tomber.

Cependant, « qui » crée ? L’envol appartient au détachement.

« Cesser de revendiquer quelque appartenance, ne pas s’astreindre aux limites du mental, allez vers le réel, lâcher nos prétendus acquis ; ainsi il n’y a plus de danseur, mais il y a danse.

Il s’agit de tenir à jour et à nuit ce journal improbable, déraisonnable mais pas sans raison. Rien à capturer ou à figer, au contraire, c’est la trépidation du monde, la palpitation d’un instant qui m’interpelle. Floue ou non, la « netteté » d’une forme est principalement liée à l’intégrité de son processus.

Le réel surgit quand je cesse de prétendre l’objectiver par l’exercice de ma volonté ou du conditionnement de ma pensée. Dès lors la création a l’honnêteté des émotions, sa subjectivité assume notre relation à la vérité. Ce qui compte aujourd’hui en mon cœur n’est pas tant mon existence propre que la disponibilité à la Vie qui la traverse. Refermer la « belle » histoire promue par les marchands de rêves pour s’ouvrir au vertige d’une vie pleine, jusqu’en ses paradoxes.

Longtemps il fut question de photographie dans ma pratique, aujourd’hui la palette s’étend avec l’écriture, le film, la mise en scène et l’interprétation. Tout cela réuni dans la confiance et salutaire insolence du CentQuatre-Paris qui me fait l’honneur et la joie d’accueillir ma première forme holistique accompagnée, par la grâce et l’intensité d’Anna Mouglalis. ».

La galerie de Jean-François Spricigo est Camera Obscura à Paris