Nicolas Yantchevsky

Nicolas Yantchevsky

Publié le par Thierry Combe - mis à jour le

Aux cotés de Jean Marquis, Dominique Versavel (chef du service de la photographie et conservatrice en charge de la photographie moderne au département des Estampes et de la Photographie à la Bibliothèque Nationale de France) évoquera la rétrospective consacrée à l’œuvre de Nicolas Yantchevsky, auteur de photographies nocturnes dans le Paris des années 1950. C’est dans cet espace de la vie populaire que les photographes rejoignent Édouard Boubat, Robert Doisneau, Izis, Willy Ronis ou Sabine Weiss. Toute une génération de la photographie humaniste française s’y retrouve pour porter leurs regards sur ce théâtre de la rue et raconter les histoires et les espoirs d’une époque en noir et blanc.
La courte carrière photographique de Nicolas Nicolaïevitch Yantchevsky dans le Paris des années 1950 a engendré une œuvre d’une indéniable portée poétique et dramatique.
Digne cadet de Brassaï pour ses nocturnes, proche d’Izis ou Ronis par son style et sa sensibilité, ce photographe n’en est pas moins demeuré méconnu.
Encouragé à la photographie par Georges Simenon et son éditeur Sven Nielsen, il est invité dès 1949 à réaliser les couvertures des romans de l’écrivain aux Presses de la Cité. S’ensuivent, pour ce régisseur de métier d’origine russe, douze ans de commandes pour des jaquettes de Simenon et Le Breton ainsi que de reportages pour la revue Votre Santé. Riche d’influences théâtrales, littéraires et cinématographiques, son travail oscille entre compositions de drames, mis en scène avec inventivité et ironie, et photographies d’atmosphère.
Restituant le climat ténébreux du roman noir ou policier, il arpente les nuits brumeuses et les petits matins d’un Paris populaire qu’il donne à voir tel un décor atemporel et mystérieux. En émerge une œuvre personnelle empreinte de tension dramatique et de noirceur lyrique. Rêvant d’en faire publier un album, Yantchevsky sollicitera Cocteau puis Simenon pour les textes.
Malgré leur soutien, ses projets resteront inédits et son œuvre, confidentielle. Le don de 300 tirages et pièces d’archives, fait par sa fille en 2013 à la BnF, offre aujourd’hui l’occasion de mettre en lumière le parcours fugace et l’univers sensible de ce photographe.