Salon de la photo

Guillaume NOURY

Le champs des possibles

Guillaume est un jeune photographe nantais. Il affirme « la photographie est un formidable langage qui s’affranchit des mots et permet un dialogue direct d’un inconscient à un autre, d’un imaginaire à un autre. Photographe depuis plus de dix ans, mon approche a mis du temps à se mettre en place et continue de se préciser, je débute un projet sur un lieu ou un type de lieu particulier, m’en imprègne et déambule sans rien chercher si ce n’est être à l’écoute de mes sensations ».

Éloge par Vincent Trujillo - Le Monde de la Photo Magazine

Nous avons rencontré Guillaume lors du Vincennes Images Festival.
Ce festival, dont la 1re édition s’est tenue en 2015 à l’initiative (remarquable) du Club photo de Vincennes, avait piqué la curiosité de la rédaction qui s’était portée partenaire de cet événement.
Instinctivement la série « Le champ des possibles » proposée par Guillaume a marqué nos esprits. Dans ce travail sur l’intime, le photographe explore son thème de prédilection : le destin. D’emblée
les intentions du photographe nous ont parues très modernes et parfaitement illustrées par ces moments invisibles du quotidien qui s’étalent soudainement avec une force rare aux yeux de tous,
photo après photo.

Emprunte d'une main sur un mur
Guillaume Noury-1
Guillaume Noury - Comexposium

Cet accord de langage si cher à l’auteur révèle une vraie signature artistique et une capacité du photographe à arrêter le spectateur sur des moments furtifs et universels qui surviennent dans nos vies quotidiennes.
Au cœur de la cité Guillaume fixe avec une grande maîtrise ces instants d’incertitude ou d’hésitation qui guident le choix (conscient ou inconscient) de nos vies. Il révèle avec beaucoup de poésie ces espaces temporels évanouis dans le cours de nos vies fuyantes à la manière d’un puzzle aux mille pièces éparses et qui pourtant s’assemblent. Quelque part le sens de nos vies est éclairé par ce regard d’auteur tout en nuances mais dont le propos semble fixer avec précision la légitimité
de nos interrogations dans une vie dont les aléas sont trop multiples pour en comprendre son
unité immuable. Cette série réussit ce tour de force que l’on croyait impossible. Assurément son obsession de la lumière se sculpte à la faveur d’une vitre immaculée par la pluie, d’ombres luisantes, de traces éphémères, de portes entrouvertes, d’horizons incertains ou lointains, de gestes esquissés toujours orchestrés par une présence physique qui signe une vraie cohérence photographique de ses compositions. Comme tout auteur attiré par la lumière des scènes qu’il photographie, le choix du noir et blanc, et de son grain, est d’une pertinence absolue tant il se dégage de cette révélation aux multiples contrastes de tons et de matière des situations et des questionnements oubliés ou ignorés.
Dans la série « Le champ des possibles » la forme rejoint le fond pour délivrer un message et un langage visuels qui nous parlent à tous, le temps d’un cliché. C’est magnifique et tellement introspectif que le spectateur est en arrêt, prenant conscience, parfois brutalement, que quelque chose a pu où va basculer. La photographie de Guillaume Noury agit comme un catalyseur sur le spectateur. Elle aide à comprendre l’importance de ces instants futiles voir dérisoires dans le cours d’une vie. C’est tout simplement remarquable tant cette photographie frappe au cœur. C’est une photographie de l’émotion qui intime un désir puissant de sensation. Nous sommes très heureux de vous présenter cette démarche d’auteur à l’occasion de cette nouvelle édition des Zooms.