Salon de la photo

Claire et Philippe ORDIONI

« Divas et Portraits baroques »

Au fil du temps, Claire, la comédienne et fille, et Philippe, le portraitiste et père, sont devenus « un seul et même artiste », préparant conjointement chaque séance photo avec leurs modèles et passant tantôt devant, tantôt derrière l’objectif. Pas moins de sept années auront ainsi été nécessaires pour réaliser ces galeries d’histoires baroques, dont l’écriture se poursuit encore aujourd’hui, dans le sud de la France.

Éloge par Gérald Vidamment - Compétence Photo Magazine

Femme en costume baroque
Claire et Philippe Ordioni-2
Claire et Philippe Ordioni - Comexposium
Le baroque ne choisit pas. Au contraire, il marie les contraires. Raison pour laquelle se présentent conjointement à nous, à cet instant, Divas et Portraits baroques, deux séries réalisées par Claire et Philippe Ordioni. Couverts de blanc, cernés de noir, les Portraits sont figés, le regard fixé sur le reflet blafard de nos propres yeux. S’enfermant dans un mutisme parfois rugissant, ces personnages noient leurs émotions dans les abysses d’une introspection désenchantée. Et pourtant, ils en appellent encore, inlassablement, à notre capacité de discernement. Les muets résistants auront-ils finalement le dessus face aux sourds si longtemps aveuglés ? Car après tout, toi qui me regardes, qui de nous deux est enfermé, et dans quelle réalité ?
Du haut de leur coiffe à la pointe de leur plus inestimable orteil, les Divas baroques ne l’entendent pas de cette oreille. Elles s’affichent comme les étoiles extravagantes d’un monde en quête perpétuelle de nouvelles divinités à honorer. Face à elles, nous ne sommes alors plus que les proies de leur prestance décomplexée et de leur suffisance habilement drapée. Qu’importe le genre, qu’importent les préjugés, ces êtres absolus n’ont de cesse de se pavaner au rythme d’une lumineuse démesure.
Hardis géniteurs de ces images, Claire et Philippe Ordioni nous grisent enfin de leur humour délicatement abrasif. En somme, ils nous réveillent.