Le Salon de la Photo,
partenaire du Mois de la Photo

Antoine Raab

©Antoine RAAB (1)

LE PAS SUSPENDU DU BOXEUR KHMER

"Antoine Raab est installé depuis deux ans à Phnom-Penh. Fin connaisseur du Cambodge, qu’il avait visité plusieurs fois dans le passé, ce photographe parisien s’est vite attaqué à son arrivée à un sujet fondamental : le kun khmer, la boxe nationale. Un sport violent, très populaire, pratiqué à la ville comme à la campagne par des hommes dès le plus jeune âge, et qui tranche avec l’image de gentils et souriants cambodgiens au quotidien. Lorsque j’ai vu ces images, j’ai tout en les appréciant pensé aux fameuses « Sorties de match » de Denis Rouvre. Il n’a pas renié cette référence, ne l’a pas revendiqué non plus. De toutes façons, la photographie, comme toute discipline artistique, n’est faite que de clins d’oeil. Ce qui importe, et c’est le cas d’Antoine Raab, c’est de se s’emparer personnellement d’un sujet qui n’appartient au fond à personne… Durant presqu’un an, il a donc écumé les salles décrépies et survoltées de Phnom-Penh ou de Battabamg. Ses combattants, suspendus entre combat et relâchement, sont beaux, majestueux. Ils sentent la sueur, le sang, le muscle. Après avoir exécuté quelques pas de danse rituelle qui précédent chaque combat, ils ont frappé par passion (des pieds, des mains, des genoux, des coudes) mais aussi pour améliorer un quotidien minable de flic ou de troufion. Les enfants inquiètent, on voit déjà le tigre rugir dans leurs yeux. Il y a quelques minutes, ils ont touché du doigt un statut d’idole, poussés par un public hystérique. Dans quelques minutes, tous se noieront dans la nuit anonyme de la ville. C’est cet entre-deux instants, univers, statuts qu’Antoine a réussi à immortaliser."

Stéphane Brasca
Directeur de la rédaction magazine de l’air

 

Portrait de l'Artiste

Antoine Raab, 41 ans, vit entre paris et Phnom Penh depuis deux ans. Il s’est installé dans la capitale cambodgienne, passionné par ce pays qu’il connaissait déjà bien, pour vivre une nouvelle expérience personnelle et professionnelle. Diplômé du Centre Iris pour la photographie, il collabore un peu avec la presse, beaucoup plus avec des institutions, des ONG ou des sociétés (corporate). C’est pour développer un travail d’auteur, centré sur ses propres centres d’intérêts, qu’il a décidé de prendre le large en Asie du Sud-Est, où il a réalisé depuis un certain nombre de sujets dont celui consacré à la boxe khmer.