Le Salon de la Photo,
partenaire du Mois de la Photo

L'Expo de la MEP

Expo MEP SDLP 2015

Pendant plusieurs années la collection de La Maison Européenne de la Photographie à Paris s’est enrichie d’oeuvres d’artistes japonais produites à partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Ceci en grande partie grâce aux dons faits par la société japonaise Dai Nippon Printing.

Dans une période de transformation et de restructuration face à la devastation de la guerre, la photographie d’avant garde des années 60-70 du groupe Provoke, notamment avec l’oeuvre de Daido Moriyama invente face aux changements sociaux et politiques une nouvelle écriture visuelle.
Soixante dix ans après les bombardements de Nagasaki et d’Hiroshima, cette exposition présente des images puissantes et bouleversantes de Shomei Tomatsu de la série “Nagasaki” illustrant cette période sombre de l’Histoire.
Des images insolites de Shoji Ueda aux saisissants portraits de Keiichi Tahara en passant par Ihei Kimura, Ikko Narahara et Hiro, les plus grands noms de la création photographique japonaise sont représentés dans cette exposition qui témoigne de l’importante contribution du Japon dans l’histoire de la photographie du 20e siècle.

La donation Dai Nippon Printing Co.

De 1994 à 2006, sous l’impulsion de son président Monsieur Yoshitoshi Kitajima, la grande société japonaise d’impression Dai Nippon Printing Co., fondée en 1876, a constitué pour la Maison Européenne de la Photographie, une importante collection de photographies japonaises.
Constituée aujourd’hui de 540 oeuvres provenant des plus grands photographes de l’après-guerre, cette “collection dans la collection” révèle la place essentielle prise par les photographes japonais dans l’histoire de la photographie mondiale.
Parmi eux :
Nobuyoshi Araki, Masahisa Fukase, Seiichi Furuya, Naoya Hatakeyama, Hiro, Eikoh Hosoe, Yasuhiro Ishimoto, Miyako Ishiuchi, Ihei Kimura, Taiji Matsue, Ryuji Miyamoto, Yasumasa Morimura, Daido Moriyama, Ikko Narahara, Toshio Shibata, Hiroshi Sugimoto, Keiichi Tahara, Shomei Tomatsu, Hiromi Tsuchida, Shoji Ueda, Hiroshi Yamazaki.

Masahisa Fukase

Hokkaido (Japon) 1934 – 2012 Tokyo.
Né dans l’île de Hokkaido dans une famille de photographes de studio, il entre à l’âge de dix-huit ans à l’université Nihon qui est l’une des premières au Japon à proposer un cursus de photographie artistique. En 1956, il entre comme photographe dans une agence de publicité. Quelques années plus tard, parallèlement à son activité professionnelle, il commence à publier et exposer des photographies de reportage, comme « Tuez les porcs ! » (Buta wo korose !) en 1961. Après un passage en 1967-1968 comme directeur de la photographie aux éditions Kawade, il poursuit son activité en free-lance. En 1971, il publie son premier album de photographies.
Son style intimiste, froid au niveau des compositions, mais très riche au niveau de la texture, l’impose comme l’un des principaux photographes de sa génération. Entre 1974 et 1976, il collabore avec Araki Nobuyoshi, Tomatsu Shomei, Hosoe Eiko et Moriyama Daido à l’école de photographie Workshop, un des hauts lieux de la création artistique japonaise des années 1970. En 1992, il subit un grave accident vasculaire cérébral et il est maintenu en soins intensifs jusqu’à sa mort en 2012.
Ses tirages et ses albums comptent parmi les plus chers sur le marché de la photographie japonaise contemporaine.

Naoya Hatakeyama

Iwate (Japon), 1958. Vit à Tokyo.
L’oeuvre de Naoya Hatakeyama s’intéresse de manière sérielle à la ville et à sa relation avec son environnement. La série « River » est constitué autour de nombreux cours d’eau qui traversent Tokyo. La ville a été construite sur une zone fluviale proche de la mer et repose sur un réseau dense de multiples rivières devenues quasi invisibles tant l’urbanisme a envahi de façon tentaculaire l’ensemble de la cité. En pénétrant le lit de ses rivières, Hatakeyama nous montre l’emprise et la complète domination de la nature par l’homme mais, jouant de la lumière à différentes heures du jour et de la nuit, il en révèle une magie insoupçonnée.

Hiro

Shanghai (Chine)1930. Vit à New York.
Hiro (Yasuhiro Wakabayashi) arrive à New York en 1954 pour étudier la photographie. Il travaille brièvement avec Richard Avedon, qui le juge trop talentueux pour n’être qu’assistant et le présente à Alexey Brodovitch, directeur artistique de la revue Harper’s Bazaar.
Hiro excelle dans tous les domaine : portrait, publicité, mode, nature morte… Féru de nouvelles technologies, fasciné par la conquête spatiale, il crée pour le magazine des images d’inspiration futuriste aux couleurs vite saturées. En 1962, de retour pour la première fois au Japon, il réalise un polyptyque dans le métro de Tokyo qui donne à voir une sombre version de la modernité, avec des hommes pris au piège de leurs propres progrès techniques.
En 2000, la MEP a consacré à Hiro une importante rétrospective, représentative de son travail réalisé entre 1955 et 1994. A cette occasion, l’artiste a fait don à la collection de 5 tirages, et la société Dai Nippon Printing Co. a offert la série Betta Splendens. En 2008, la Fondation Elsa Peretti a offert à la MEP 84 tirages, reconstituant ainsi la totalité de l’exposition.

Yasuhiro Ishimoto

né le 14 juin 1921 et mort le 6 février 2012 Né aux Etats-Unis, Yasuhiro Ishimoto arrive au Japon à l’âge de 3 ans. Il y passera son enfance avant de revenir aux Etats-Unis, en 1939, pour échapper à la conscription après la guerre avec la Manchourie.
De 1942 à 1944, il est cependant interné au camp d’Amache dans le Colorado, où ont été regroupés les américains d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est là qu’il s’initie à la photographie au contact d’autres prisonniers.
Après la guerre, il entreprend des études d’architecture à Chicago, puis intègre en 1948 le Chicago Institute of Design, initialement fondé sous le nom de New Bauhaus par László Moholy-Nagy.
Il y étudiera 4 ans sous l’enseignement d’Harry Callahan et Aaron Siskind.
Il retourne au Japon en 1953 et devient citoyen japonais en 1969.
Ishimoto a publié Chicago Chicago, aux éditions Bijutsu Shuppan-sha à Tokyo en 1969, ouvrage qui témoigne de l’influence de ses maîtres américains, mais il réalisera par la suite des séries essentielles sur les villes de Tokyo et Kyoto. Pétri de ses deux cultures, l’ensemble de son oeuvre est un jalon essentiel entre les photographies japonaise et américaine de l’après-guerre.

Ihei Kimura

12 décembre 19 01 à Tokyo - 30 mai 1974
L’un des photographes japonais les plus célèbres du 20e siècle, particulièrement connu pour ses représentations de Tokyo et de la préfecture d’Akita.
Kimura est l’un des fondateurs de l’agence Nippon-Kobo.
Né le 12 décembre 1901 à Shitaya-ku (arrondissement Taito-ku de Tokyo), Kimura commence à prendre des photos très jeune mais son intérêt s’intensifie quand il a environ 20 ans et vit à Tainan (Taiwan), où il travaille pour un grossiste de sucre. Il ouvre un studio photographique à Nippori, Tokyo en 1924. En 1930, il rejoint le département de publicité de l’entreprise de cosmétiques et de savon Kao et se concentre sur des photographies informelles réalisées avec son appareil Leica. En 1933, il rejoint Yonosuke Natori et d’autres professionnels pour former le groupe Nippon Kobo (« Atelier du Japon ») qui met l’accent sur le « réalisme » en photographie et utilise des
appareils au format 35mm. Mais ce groupe se sépare assez raidement et Kimura forme un groupe alternatif, Chuo Kobo (« Atelier central ») avec Nobuo Ina et d’autres.
Durant la guerre, Kimura travaille en Mandchourie pour l’éditeur Toho-sha.
En 1950, Kimura est élu président de la Société des photographes professionnels du Japon nouvellement formée ; en compagnie de Ken Domon il fait beaucoup pour encourager un esprit documentaire dans la photographie amateur.
Au milieu des années cinquante, Kimura effectue plusieurs voyages en Europe et fournit des photos pour les magazines d’appareils photo. Pari, un recueil de ses photographies en couleurs de Paris, ne sera publié qu’en 1974, mais l’utilisation de la couleur était en avance sur son temps.
À son retour au Japon, Kimura se concentre sur la photographie de la vie rurale à Akita. Il travaille également sur des portraits, en particulier d’écrivains.
Kimura décède à son domicile à Nippori le 30 mai 1974 ; Le prix Ihei Kimura est décerné annuellement en son honneur depuis 1975. Il reste populaire au Japon : des échantillons de ses photographies (2009) paraissent régulièrement dans le magazine Asahi Camera.

Ryuji Miyamoto

Tokyo, 1947. Vit à Tokyo.
Pour Architectural Apocalypse (éditions Heibonsha Tokyo, 1988), Ryuji Miyamoto photographie des cités et des architectures modernes en
cours de démolition. Fasciné par le spectacle de la destruction, il réalise également un important travail sur le tremblement de terre de Kobé en 1995. Sa série Satyam s’affranchit du spectaculaire : les bâtiments, sobres, ressemblent à des conteneurs géants posés au pied du mont Fuji, dans la préfecture de Yamanashi. Le terme satyam désigne les nombreux édifices bâtis par Aum Shinrikyo, la secte qui projetait de semer le chaos pour s’emparer du pouvoir, et dont les activités criminelles ont été stoppées net après l’attentat dans le métro de Tokyo en 1995. Marqué comme beaucoup d’artistes de sa génération par la tragédie nucléaire de 1945, Miyamoto nous rappelle la précarité de toute construction humaine l’inéluctabilité de la destruction et la folie des hommes.
En 1999, la société Dai Nippon Printing Co. a fait don à la MEP de 35 tirages de l’artiste.

Yasumasa Morimura

Né à Osaka en 1951, il a obtenu son baccalauréat en beaux-arts en 1978 à la cité universitaire des Arts de Kyoto. Depuis 1985, Morimura a présenté des expositions personnelles à travers le monde et également des expositions de groupe. Dans son oeuvre, Morimura utilise les portraits d’artistes anciens, d’Edouard Manet, de Rembrandt à Cindy Sherman, en utilsant son propre corps et son visage dans ces images. En 1985, il a présenté également une grande image colorée de Van Gogh avec son corps et son visage insérés. Depuis cette période, l’auto-portrait est devenu le thème principal de ses travaux. Il a fait de nombreuses expositions dans des musées importants en France, aux Etats-Unis (Chicago), en Californie, au Japon et en Australie.
En 1998, Morimura a été selectionné en tant qu’artiste d’Aperto à la Biennale de Venise, le catapultant sur la scène internationale d’art.
Morimura se transforme en des sujets familiers avec l’utilisation de costumes, d’accessoires, la manipulation numérique, et le maquillage. Ses chefs-d’oeuvre comprennent des oeuvres inspirées par des peintures d’influents artistes comme Diego Velásquez et Frida Kahlo et également par des sources pictographiques des médias et de l’histoire.
Le travail de Morimura est particulièrement efficace et énergique en raison de sa capacité à la fois de moquer et de rendre hommage à ses matériaux de référence et à ses sujets. L’artiste a réalisé une série d’auto-portraits suivant l’art et le style de Frida Kahlo dans sa dernière et très coûteuse production.
En 1996, Morimura a été nominé au Prix Hugo Boss. Ses oeuvres se trouvent dans des musées publics tels le Musée d’Art Honolulu à Hawaï, le Carnegie Museum of Art à Pittsburgh, le Musée d’art contemporain de Chicago, le J. Paul Getty Museum de Los Angeles, San Francisco Museum of Modern Art en Californie, le Whitney Museum of American Art à New York, le Musée d’art contemporain de Los Angeles, ainsi que la Maison Européenne de la Photographie à Paris.

Daido Moriyama

Ikeda-cho (Japon), 1938. Vit à Tokyo.
Are-Bure-Boke, « Bruit-Flou-Trouble », trois adjectif devenus une esthétique, celle dont s’empare la jeune garde de photographes japonais à la fin des années 1960. Daiso Moriyama en tête. Editée en 1968, sa première monographie, Japan : A photo Theater, fait scandale : il y dresse le portrait sans concession de marginaux, de strip-teaseurs, de comédiens ambulants et d’autres performeurs.
Ce premier coup d’éclat signe l’urgence d’être au monde de ce maniaque du noir et blanc au grain appuyé, influencé tant par William Klein que Jack Kerouac, et qui a publié 200 ouvrages en près de 50 ans. Ses instantanés saturés et bruyants radiographient le chaos urbain, traquent le monde interlope : loup solitaire ou chien errant, il saisit la face sombre des villes, comme dans son quartier tokyoïte d’élection, Shinjuku, dont il ne se lasse pas d’écumer les bars.
En 1995,la Société Dai Nippon Printing Co. a fait don à la MEP de 51 tirages de Daido Moriyama.

Ikko Narahara

Fukuoka (Japon), 1931. VIt à Tokyo
En 1954, alors qu’il étudie l’histoire de l’art, Narahara découvre, à 17 kilomètres de Nagasaki, Hashima, une très belle île minière en partie artificielle où travaillent et sont logés deux mille ouvriers et leurs familles. Fasciné par cette population recluse au beau milieu de la mer, Narahara entreprend son premier travail photographique. Ses travaux suivants le mènent dans des lieux d’enfermement créés par l’homme - un monastère, puis une prison pour femmes – où il fait l’expérience du temps et de l’espace, des thèmes récurrents dans l’ensemble de son oeuvre.
La MEP posède 15 tirages de Ikko Narahara, offerts en 1996 par la société Dai Nippon Printing Co., à quoi s’joutent 120 tirages offerts par l’artiste à la suite de l’exposition et de la publication de Ikko Narahara (MEP, 2002).

Un demi-siècle de photographie japonaise 4

Keiichi Tahara

Kyoto (Japon) 1951. Vit à Tokyo
Dès son installation en France en 1972, Keiichi Tahara est fasciné par la lumière violente et sombre du ciel parisien, très différente de la douce et brumeuse luminosité de son enfance au Japon. En 1978, il commence à s’intéresser au portrait. Sans idées préconçues, et bien que d’un tempérament très réservé, il photographie jusqu’en 1988 une centaine de personnalités du monde des arts et de la culture. La rencontre a lieu au domicile du modèle ou dans son environnement qui lui est familier.
Chaque fois, la lumière guide Tahara à travers l’espace où il joue des ouvertures, des fenêtres, des ombres. « Il est impossible de montrer en une seule photographie le visage ou le caractère de quelqu’un » confie-t-il. La série est construite en diptyque : d’abord un plan large où le modèle se met lui-même en scène comme au théâtre, puis il s’intéresse au visage, scrutant le regard grave de ses modèles.
En 2001, la société Dai Nippon Printing Co. a fait don à la MEP de la totalité de la série Visagéité.

Shomei Tomatsu

Sakaiminato (Japon), 1913 – Yonago (Japon), 2000
Une montre sur un coussin de satin de soie blanche, figée à l’heure exacte de l’explosion atomique sur Nagasaki : 1h02, le 9 août 1945. A l’instant précis de l’explosion, le temps s’est définitivement arrêté. Seize ans plus tard, Shomei Tomatsu photographie les objets déformés ou fondus par le souffle de l’explosion, les ruines, les visages défigurés des survivants, des scène quotidiennes dans une cité qui essaie de revivre. Son livre 11.02 Nagasaki est publié en 1966 à Tokyo, accompagné de témoignages des survivants.
Les 40 tirages de al série Nagasaki ont été offerts à la MEP en 1994 par la société Dai Nippon Printing Co.

Un demi-siècle de photographie japonaise 2

Shoji Ueda

Sakaiminato (Japon), 1913 – Yonago (Japon), 2000
Il y a un peu de Magritte dans ces images du maître Shoji Ueda. Prise dans le décor surréaliste des dunes de Tottori – sa province natale, à 800km au sudouest du bouillonnement tokyoïte -, elles font partie d’une série fleuve réalisée entre 1949 et 1980. Face à la mer, avec du sable à perte de vue, Shoji Ueda est chez lui : dans ce théâtre onirique, il ne se lasse pas de mettre en scène ses voisins et ses proches
dans des images minimalistes, minutieusement chorégraphiées, empreintes d’humour et d’une candeur toute poétique. En inconditionnel de
Lartigue, il chronique les plaisirs simples avec l’humilité de l’éternel amateur.
En 2005, la société Dai Nippon Printing Co. a fait don à la MEP de 13 tirages de Shoji Ueda, et la succession Ueda lui a offert en 2007 le portfolio Ueda Shoji : Children Calendar. La MEP a consacré au photographe une rétrospective en 2008, sous le titre Une ligne subtile.

Un demi-siècle de photographie japonaise 3

Kimiko Yoshida

Née en 1963 dans la capitale nippone, Kimiko Yoshida est marquée dès son plus jeune âge. A peine âgée de trois ans, sa mère décide de la mettre à la porte. Ne transportant avec elle que son coffret contenant ses trésors, la petite fille se réfugie dans un parc public où la police ne la retrouve que le lendemain. Depuis ce jour, Kimiko est devenue plus vagabonde, ce qui inspire fortement ses oeuvres.
C’est en 1986, que la jeune femme amorce son parcours de photographe en obtenant son diplôme d’art à l’université de Chuo, à Tokyo. Neuf ans plus tard, après une brève carrière de styliste, Kimiko intègre le collège de photographie de la capitale.
Mais en 1996, la photographe s’envole pour la France où elle intègre l’école nationale supérieure de photographie d Arles puis le Fresnoy-Studio national des arts contemporains en 1999. Depuis, Kimiko Yoshida vit à Paris et expose dans les plus grandes galeries du monde : Bachelor of Arts, Faculty of Literature, Chuo University,Tokyo, Japan (1986), Tokyo College of Photography, Japan (1995), École nationale supérieure de la photographie, Arles, France (1996), Studio national des arts contemporains, Le Fresnoy, France (1999).
En 2003, dans « Marry me », elle se représente en mariée pour retrouver les jeux de son enfance où elle inventait des robes de mariées pour ses poupées. En 2006, elle s’inspire de parures africaines.
En 2009, elle entreprend une série d’autoportraits inspirée par les autoportraits ou les portraits de grands maîtres de la peinture. En 2010 elle expose à la Maison européenne de la Photographie, Paris avec « Là où je ne suis pas » et à la Galerie Tanit, Munich. En 2015 elle a exposé au festival Kyotographie au Japon.